Méliès, le magicien du cinéma

Ciné-concert sur des films de Georges Méliès, 2011
pour 7 instrumentistes (flûte, clarinette, percussion, piano et trio à cordes) et électronique. Commande de la Ville de Genève à l’occasion de la Fête de la musique.
Coproduction DRAMA/Sillages -CÉSARÉ, Centre national de création musicale de Reims

Dossier

Spectacle composé de 7 pièces écrites pour être interprétés en simultanée avec des films de Georges Méliès. Chaque pièce peut aussi être jouée séparément des autres.

-L’Homme-orchestre (3′) œuvre électroacoustique
-Le Voyage dans la lune (13′) pour 7 instrumentistes & électronique
-Nain et géant (1′) œuvre électroacoustique
-Le Royaume des fées (16’30 ») pour 7 instrumentistes & électronique
-L’Illusionniste double et la tête vivante (1’20 ») œuvre électroacoustique
-Voyage à travers l’impossible (21′) pour 7 instrumentistes & électronique
-Dislocation mystérieuse (2′) pour 7 instrumentistes électronique.

Commentaire

« Le spectacle s’articule autour de trois films mêlant “science-fiction” et féerie : Le Voyage dans la lune, Le voyage à travers l’impossible (voyage au centre du soleil) et Le Royaume de fées. Les deux premiers films se complètent symétriquement : le premier voyage s’effectue de gauche à droite, le deuxième de droite à gauche. Entre ces deux grands voyages interstellaires, on se retrouve avec un conte de fées plein de fantaisie et d’imagination. Ces longs courts-métrages (de 12, 16 et 20 minutes) sont ponctués par des très courts-métrages (de 2 à 3 minutes) où l’on voit Méliès se mettre en scène pour donner libre cours à la magie du trucage : de multiples expositions, des caches et contre-caches, des prises de vues image par image. Ils témoignent de la découverte des nouveaux moyens techniques permis par le cinéma à sa naissance.

La composition de la musique reste étroitement liée à l’image et au discours cinématographique, tout en gardant sa propre grammaire et sa liberté. Elle suit la trame, elle s’efface ou se met en relief avec des gestes musicaux parfois exubérants, en concordance avec la façon de jouer des acteurs qui évoque davantage le mime que la déclamation théâtrale de l’époque.

L’utilisation du mélange des sons instrumentaux et de ceux sortis de la synthèse ou de la transformation électronique, prend ici tout son sens, en “écho” avec la démarche de ce passionné de la découverte, de l’innova- tion et des nouvelles technologies.

Mon idée était d’écrire une musique “légère”, ludique, qui joue entre le son réel et le son transformé, les motifs, le rythme et les couleurs. Elle se veut proche de l’art de Méliès, surtout par son intentionnalité, son ouverture d’esprit et son humour, prenant l’imaginaire, l’émerveil- lement et l’invention comme source d’inspiration.

On pourrait établir un cheminement -une lignée historique- en ce qui concerne mon rapport à l’image et à la gestion du temps musical. J’ai toujours adhéré à la réflexion « peu importe ce qui bouge, ce qui importe c’est comment ça bouge », du cinéaste canadien Norman McLaren qui lui-même pensait être le fils spirituel de Méliès, à qui l’on doit le propos : « La question est de comprendre que le cinéma doit être […] surtout le mouvement. ».

Méliès pensait comme les symbolistes, que l’art n’avait de valeur que s’il reposait sur la magie et la musique. Il concevait le film comme un moyen d’expression personnelle, ce qui m’a donné la liberté d’en faire autant avec la composition musicale pour ce spectacle.

Quoi de plus proche du but recherché dans mon travail que son idée de « donner à voir ce qui n’existe pas » : créer une nouvelle musique pour ces films merveilleux, donner à entendre (un siècle plus tard) ce qui n’existe pas encore. »

Carlos Grätzer (mars 2011)

Presse

Minuit, l’heure de Méliès
Il y a plus d’un siècle, Georges Méliès inventait les effets spéciaux du cinéma. Réalisés à la main avec pochoirs, caches et transparences, ils n’ont pas pris une ride à l’ère de l’imagerie générée par ordinateur. Vendredi à l’Alhambra, peu avant minuit, Méliès…célébrait les 150 ans de sa naissance dans le cadre de la Fête de la musique…
…Commandée tout exprès pour l’occasion, la partition de Carlos Grätzer colle parfaitement à l’imagination visuelle du pionnier du septième art. Entre «sous-titrage» sonore et contrepoint abstrait, entre bruitages électroniques et alchimie instrumentale, la musique de Carlos Grätzer (interprétée par l’excellent Ensemble Sillages) souligne le dynamisme abrupt du montage, la force des apparitions fantastiques. Méliès en sortait plus actuel que jamais.
Tribune de Genève 19/06/2011

 

Extraits vidéo

Performances passées (liste non exhaustive)

Création

17/6/2011 – Ensemble Sillages (Sophie Deshayes, flûte ; Jean-Marc Fessard, clarinette ; Hélène Colombotti, percussion ; Vincent Leterme, piano ; Nadine Bodiguel, violon ; Gilles Deliège,alto ; Séverine Ballon, violoncelle. Direction, Renaud Déjardin) – Théâtre de l’Alhambra – Genève, Suisse
À  l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Georges Méliès

11/10/2011 – Ensemble Sillages – Le Quartz, Grande Salle – Brest

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