Magiques

Magiques, 2021
durée : 8 minutes
pour orchestre, deux solistes
(clarinette et percussion) et vidéo

Commande de l’Ensemble Almaviva


Notes de programme

Ce projet de composition de musique avec image, s’inscrit dans la continuité de mon travail de composition dans ce domaine-là, qui va des ciné-concerts sur des films muets (Buster Keaton, Méliès, Victor Sjöström), à la vidéo expérimentale (Jacques Perconte).

Pour « Magiques », j’ai décidé de composer aussi bien la musique que les images, en m’appuyant sur mon expérience dans le cinéma d’animation.

Dans mes œuvres précédentes, la composition musicale devait toujours s’adapter au temps fixé des montages et structures immuables des films préexistantes, j’ai voulu, m’affranchir de cette contrainte, en réalisant moi-même le film. Cette approche m’a permis de « jouer » sur les deux registres temporels en alternance, adaptant parfois la musique au temps de l’image, mais aussi, en redimensionnant le temps visuel aux besoins d’un phrasé musical ; j’ai créé ainsi des flux d’énergie qui se complètent et se complémentent donnant ainsi une unité visuelle et auditive.

Le film, a été réalisé à partir d’images prises lors de mes déambulations dans des villes et des forêts, que j’ai ensuite transformé, monté et remixé dans un processus d’éloignement de la vision réaliste.

Ce processus abstractionnel permet au spectateur de se détacher du contenu pour se concentrer davantage dans le mouvement.

Pour cette démarche, je me suis inspiré d’une phrase du cinéaste Norman McLaren : « Peu importe ce que vous faites bouger, ce qui compte, c’est comment ça bouge ».

Mais encore, il ne s’agit pas d’une production d’images en soi. Le scénario est intrinsèquement lié au développement de la forme musicale, l’agencement des images n’a pas un « sens » discursif décorrélé de l’idée musicale sous-jacente.

Magiques est écrite pour deux solistes clarinette et percussion, et orchestre.

Toutefois, l’œuvre ne s’inscrit pas dans la logique du « concerto », les deux solistes se révèlent plutôt comme des instrumentistes « en relief », ayant des parties prépondérantes, par rapport aux musiciens de l’orchestre.

Le titre « MAGIQUES », qui est l’anagramme résultant des mots « image » et « musique »,  résume l’alchimie de cette double création.

Création de Magiques de Carlos Grätzer au Théâtre Dunois, Paris

Magiques, musique et image de Carlos Grätzer – film complet –

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